Les momies intriguent autant qu’elles fascinent et pour cause, ce sont des cadavres qui ne se sont pas décomposés comme ils auraient dû le faire. Véritable mystère durant des siècles entiers, aujourd’hui on connaît les raisons pour lesquelles ces cadavres sont restés quasiment intact. Parmi ces explications, certaines sont d’ordre naturel, d’autres sont liées à l’intervention de l’homme. En effet, de nombreuses civilisations momifiaient leurs morts, certainement dans l’espoir qu’ils reviennent un jour à la vie. D’ailleurs, ce fantasme est toujours présent dans notre culture occidentale ce qui explique le succès des œuvres cinématographiques qui mettent en scène des momies qui ressuscitent, que ce soit symboliquement pour les films centrés sur une malédiction ou réellement pour les films qui mettent en scène des momies qui reviennent à la vie pour se venger ou venger leur mort la plupart du temps. Parmi ces civilisations qui momifiaient leurs morts pour les préserver de la putréfaction, on retrouve bien entendu l’Egypte antique, la Chine antique mais également les Aztèques, les Tibétains, les Incas, les Guanches, habitants de Ténériffe aux Canaries, etc. Bien entendu, toutes ces civilisations utilisaient des rituels différents ainsi que des méthodes différentes pour momifier leurs morts. Certaines désinfectaient les cadavres afin d’éviter que les micro-organismes n’accélèrent la putréfaction, d’autres retiraient certains organes des corps de leurs morts, les égyptiens remplissaient leurs cadavres de bitumes et/ou de goudrons, avant de les embaumer puis de les envelopper dans des bandelettes de tissu, etc.
Aujourd’hui nous le savons, certaines momifications ont été souhaitées par l’homme d’autres sont totalement naturelles ! En effet, de nombreuses civilisations ont eu recours à la momification de leurs morts dans l’espoir de leur donner accès à la vie éternelle. Pour ce faire, l’objectif était d’éviter la putréfaction des cadavres afin de conserver au moins l’enveloppe corporelle « en état » ! Mais parfois, la momification n’était pas souhaitée par l’homme, la nature s’en est chargée elle-même ! Parmi les civilisations qui avaient recours à la momification, la civilisation égyptienne est certainement la plus connue certainement parce que leur technique était, et est restée, unique au monde et que c’est en Egypte que l’on a retrouvé le plus de
momies. Dans un premier temps, les égyptiens retiraient le cerveau des cadavres par les narines. Par la suite, ils retiraient également les viscères, à part le cœur, de leurs morts et remplissaient leur abdomen de diverses substances aromatiques et de bandelettes de tissu imprégnées de résine avant de le recoudre. Puis ils salaient les corps et les laissaient ainsi pendant soixante dix jours suite auxquels ils les enveloppaient dans des bandes de lin après les avoir soigneusement lavé. D’un point de vue plus culturel, les égyptiens de l’antiquités enfermaient leurs momies dans des sarcophages représentant le défunts et conservaient ce dernier soit dans une chambre funéraire soit debout contre un mur pour les familles moins aisées. Quant aux viscères, elles étaient conservées dans quatre vases appelés des canopes.
Des dizaines de civilisations antiques avaient recours à la momification bien que toutes possédaient des méthodes très différentes afin d’éviter la putréfaction de leurs cadavres. On connaît énormément d’éléments sur les techniques d’embaumement des égyptiens, pourtant, ce ne sont pas leurs momies qui ont été les mieux conservées mais celles des chinois ! En effet, appelées « corps frais » ces momies chinoises, contrairement aux momies égyptiennes, n’étaient pas desséchées et leurs membres étaient étonnamment souples. D’ailleurs la
momie la mieux conservée était une chinoise décédée 2150 ans auparavant qui a été retrouvé en 1972 parfaitement conservée, aussi bien son enveloppe corporelle que ses viscères. Seul son cerveau avait diminué de volume, le reste de son corps était resté intact. L’énorme différence entre les momies égyptienne et les momies chinoises c’est que les momies chinoises étaient enterrées très en profondeur et donc au frais. De plus, les chinois enveloppaient leurs cadavres dans un drap de soie très serré ce qui empêchait les bactéries de proliférer. On a également trouvé dans plusieurs cercueils un liquide étrange dans lequel baignaient les momies mais les scientifiques ne réussissent pas à déterminer si ce liquide était présent au moment de la mise en terre ou non ! Quoi qu’il en soit, il semblerait que les chinois, dans l’antiquité, détenaient le secret de la vie éternelle et il semblerait que les vietnamiens également puisque l’on a retrouvé des momies aussi bien conservées que les momies chinoises au Vietnam.
On connaît tous plus ou moins les secrets des momies égyptiennes mais très peu de français savent qu’en France aussi on a retrouvé des momies très bien conservées. En revanche, ces momies, contrairement aux momies égyptiennes, n’ont pas été embaumées, ce sont les composants du sol qui ont permis de transformer ces cadavres en véritables momies. Par exemple, dans la crypte de la basilique Saint-Michel de Bordeaux, ont été retrouvés, en 1791, plusieurs dizaines de corps étonnamment bien conservées grâce au sol argileux de la région. Ces momies ont été « exposées » dans la crypte et ont attiré de nombreux touristes mais la crypte a fermé ses portes en 1979 et les momies ont été à nouveau enterrées. Le village de Saint Bonnet Le Château dans la Loire est également connu et reconnu pour sa quarantaine de
momies découvertes en 1837 lors des réparations des dégâts provoqués par la révolutions françaises à la collégiale. On a longtemps cru que ces gens avaient été fait prisonniers par le baron de Adrets en 1562 mais on a découvert, plus tard, que ces momies étaient une famille de notables de la région. Mais si c’est réellement le cas alors pourquoi a-t-on retrouvé la momie d’une femme avec son bébé dans les bras ? Le mystère reste entier. Quoi qu’il en soit, si ces cadavres ont été aussi bien conservés c’est grâce à l’alun et à l’arsenic qui compose le sol en dessous de la collégiale.
