Grenoble - Momie BD - Maël et A. Bauza

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Voici l’interview de Mael et Bauza réalisée lors de leur dédicace à Momie Folie le 13 Juin 2009, a l’occasion de la sortie de L’Encre Du Passé.

Comment vous vous êtes rencontrez ?
Antoine : C’est  une bonne question ça. On se connait depuis un bon moment déjà…
Martin : …Je crois que c’est avec Françoise qui est la compagne d’Antoine. Elle est une amie avec qui j’ai fait des études de graphisme ici à Grenoble et elle est aussi coloriste de BD. Elle a mis en couleur un de mes livres qui s’appelle Dans la colonie pénitentiaire. Donc on s’est rencontré il y a un bon moment de ça, via cette personne. A l’époque je voulais déjà faire de la bd, je ne me souviens pas si j’avais commencé.
A : Moi je n’étais pas du tout dedans.
M : Ouais je ne sais pas ce que tu faisais…
A : Je devais faire des études de quelques chose…j’en ai trop fait.
M : Je sais plus dans quelle direction tu étais à ce moment là.
A : C’était y’a longtemps ! Je devais faire des sciences ou de l’informatique… un truc bizarre que je fais plus du tout ! J’ai complètement arrêté depuis… Non je devais être étudient à l’époque, à Grenoble d’ailleurs.
 

De qui vient l’idée de  L’encre du Passé ?
M : Antoine.
A : Là oui, il n’était pas du tout au courant jusqu’à un premier jet complètement écrit, que je lui ai présenté en 2004. Je l’avais écrit en 2003. J’étais étudiant j’avais le temps d’écrire à l’époque !
M : Moi j’étais encore en train de terminer ma première série Tamino,  j’étais sur le point de démarrer  Les rêves de Milton. C’est là que j’ai lu la première fois le scénario, et il s’est écoulé un peu de temps, je lui ai dit que ça me plaisait et demandé quant-est  ce qu’on pourrait  éventuellement le commencer.
Ensuite j’ai fait une illustration pour le salon du livre, une illustration un peu orientale. Ca a remis le sujet  dans la discutions, et on s’est dit : « aller ; on va essayer de proposer ce projet à des éditeurs ». On l’a fait dès que j’ai fini Les rêves de Milton …
A : oui c’était plus tard…
M : J’allais passer sur La colonie pénitentiaire. Il s’est  passé pas mal de temps, il y a eu des réécritures, car chez Dupuis Claude, qui dirigeait la collection Air Libres à l’époque, estimé qu’il y avait encore du travail à faire…
A : …Il voulait que ce soit en plusieurs tomes, donc  faire une césure.
M : Puis finalement Claude à quitté Dupuis a peu près en 2006 et j’ai rediscuté de ce projet avec son successeur, José. Il avait beaucoup aimé le dossier, l’histoire en elle-même, les illustrations etc. … il a vu qu’on avait déjà fait des réécritures, et qu’au niveau dialogue ça tournait mieux. Ce qui fonctionnait mieux c’était la place narrative de la calligraphie. Ce n’était pas facile d’articuler le récit autour de cette conversation calligraphique, c’est assez délicat à faire. Il était assez content de cette version là, et c’est à ce moment là qu’on l’a réécrit en un seul volume. Ca a été bénéfique parce qu’au bout du compte on avait des longueurs. On a bien fait de couper car c’est devenu un récit plus élitique. Je pense qu’il est meilleur comme ça.
A : on a gagné sur le rythme.
M : L’idée de faire un 17 an  plus tard,  est venue à la deuxième écriture.
A : Oui elle n’est n’était pas du tout à la première écriture, ça se terminait avant  Les 17 après  justement. Quand ils nous on demandé de faire les deux tomes on avait deux parties équilibrées, alors que la deuxième partie, je la voulais déjà plus courte.  Mais quand on est revenu sur un seul tome du coup l’avantage c’est que nous avons pu continuer  l’histoire.

Autour de la BD

 

Antoine, quand est ce que tu t’es dis, « je veux faire de la BD » ?
A: Excellente question ! …Quand j’ai commencé à trainer qu’avec des dessinateurs…qui ne parlaient que de ça ! (rire) Non, en fait moi j’ai toujours aimé raconter des histoires, j’ai commencé à écrire plutôt pour la jeunesse, quand j’avais le temps, parce que justement ça prenais moins de temps ! Vu que j’ai commencé à graviter dans une sphère où ils faisaient tous de la BD, j’ai laissé tomber les histoires de la jeunesse pour commencer à écrire des scénarii. J’en ai écrit plusieurs qui sont dans mon ordinateur au chaud, et il y en a un qui  en est  finalement sorti. J’ai découvert et commencé à lire de la BD presque en même temps où j’ai écrit des scénarii. Je n’ai pas vraiment eu la période où « j’en lis beaucoup et tiens  je vais me mettre à en écrire », c’est un peu arrivé en même temps. En fait j’ai un peu le travers  de vouloir mettre les doigts dedans dès que je m’intéresse à quelque chose. C’est arrivé un peu en même temps. Et le fait est que je n’ai pas beaucoup de temps pour écrire et que je n’écris pas beaucoup…mais ça reviendra…bientôt la retraite !
M : Ah ouais t’es optimiste ! (rires)
 

Antoine, as-tu aidé Martin à se plonger dans cet univers Japonais ?
A : Je lui ai donné beaucoup de films, documents à visionner, vu que je suis très  branché japon, ce n’est pas un hasard si la BD parle du Japon,  et on a pas mal discuté…. T’en a vu des films quand même …
M : Ouais…J’en avais déjà vu mais pas de ceux que tu m’as montré. Du coup j’ai vu des choses dont je ne soupçonné  pas l’existence. Je me suis beaucoup servi s des  estampes, de tout ce qui est Art pictural Japonais traditionnel. Tu m’as aussi donné un livre sur la calligraphie. Et il y a aussi Pascal Krieger, maître calligraphe, qui nous à aidé à fignoler tout ça.
A : Il a aussi relu le scénario, par ce qu’il a vécu au Japon pendant de longues années.  Je lui avais demandé son avis, car il beaucoup plus familier que moi sur la culture japonaise,  parce que moi j’ai beau être un amateur du Japon, je ne connais pas tout. Et du coup il nous a donné deux, trois indices, des trucs tout bête ; comme  « tiens,  tu vois là bas ils ne se tiennent pas comme ça »…Enfin des petits détails comme ça. Donc il nous a fait une relecture annotée qui nous a fait aussi avancé, en plus de tout le travail calligraphique qu’il a fait.
M : Nous ne sommes  pas des foudres de la reconstitution, les personnages et le récit avaient plus d’importance que l’exactitude absolue des détails historique qu’on fait figurer.
A : C’est  pour ça qu’on n’a pas situé non plus ni le temps ni l’espace, ce n’est pas ce qui nous intéressait.
 

Pourquoi une couverture aussi sombre ?
M : Parce qu’une des choses qui fait avancé les personnages dans leurs motivations c’est ce qu’ils ont derrière eux, qui n’arrive pas à aller de l’avant. Donc c’est d’abord lui le calligraphe ensuite elle 7 ans plus tard.  Il y a eu une autre proposition de couverture, mais elle était plus stéréotypée, presqu’un poil banal, elle met l’accent sur ce quelque chose qui  est attendu. Du coup je pense que c’était un peu plus abstrait de faire comme celle-ci, et ce qu’on aimait bien c’est que ça racontait des choses que l’histoire ne développe pas, ça met le doigt dessus et qui est vraiment sou tendu dans le livre tout le temps.  Mais j’avais  fait un paquet de propositions…
A : …12 je crois.
M : Mais on trouvait que celle-ci,  à chaque fois, avait une force plus intéressante que les autres. On à essayé de marchander une édition luxe avec quelques esquisses, croquis, car  pour chacun de mes livres je fais un livre de recherche de story-board. On leur a proposé de faire ça mais ils nous ont dis qu’il y avait déjà  80 Planches et qu’ils étaient au maximum de ce qu’ils pouvaient faire économiquement et rajouter un cahier ça aller être dur a gérer. Mais ils ont quand même tiré une éditions luxe.
Mais vous pouvez voir sur le site de « aire libre », il y a en ligne le PDF, le document commercial qui à servi aux représentants, où il y a beaucoup d’inédits.

Autour de la BD

 

Est-ce que dans cet album tu as pris un certain plaisir avec la couleur ?
M : Oui, j’espère que ça se ressent ! Mais oui c’était un pur régale. Pour  Les rêves de Milton  je travaillais déjà avec l’aquarelle mais sur des reproductions de traits, sur un projet aquarellable, et là le fait d’avoir la couleur à intégrer pratiquement immédiatement dans la réflexion c’était très intéressant. En fait des le story-board je faisais des petite esquisses. Ca m’a appris plein de choses, dont a finir les choses en terme de luminosité, d’atmosphère. Ici il y a beaucoup de transparence, il y a jamais de lumière, de couleur très cru, il y a  toujours un léger voile. C’est assez comparable à ce  qu’on trouve là bas au printemps. J’avais vraiment envie d’aller le plus loin possible dans ces ambiances.
 

Dans ton prochain album comment vas-tu travailler la couleur ?
M : Je trouve que sur la première guerre mondiale c’est plus difficile de travailler dans des ambiances qui soient lumineuses. Parce qu’on imagine tout de suite la boue, la grisaille…il faut quand même que le lecteur se sente sur le terrain de la 1ere guerre mondiale, mais c’est intéressant ça oblige à faire d’autre choix.
J’ai un projet sous le coude, qui en est encore au stade d’écriture, mais je pense que la palette va complètement changé. Je ne vais pas du tout utiliser les mêmes couleurs, je vais faire quelque chose de beaucoup plus coloré, parce que ça se passe dans un pays très ensoleillé, tropicale.
 

Parlez nous de votre collaboration avec Pascal Krieger, maître calligraphe.
A : Il a vécu longtemps au japon.  Sur le choix de a calligraphie, de la traduction, sur leur  signification, il y a des choses où moi j’avais fait pas mal de recherches. Mais au Japon ils n’entendent pas les mots, le sens des mots, comme vous vous l’entendez ;  si c’est pour un lectorat européen il ne faut pas  mettre tel  ou tel idéogramme. IL nous à proposé aussi des choses qui marché plus pour notre culture.  Parce que là où tu va lire, par exemple, « sérénité » en fait ça se traduit « sérénité » mais au Japon  ce n’est  pas ce que tu entends. Du coup il nous a proposé des alternatives sur le choix des idéogrammes.
M : Pour les amateurs de calligraphie, quand c’est une calligraphie que Atsuko à exécutée ; elle existé dans un style qui est plus débutant que son maître. Pascal a donc fait un caractère plus hésitant…
A : …Il a volontairement fait moins bien. Si on regarde bien, ça se voit, sans être calligraphe. C’est un grand maître calligraphe, On lui a demandé que celle du maître soit mieux exécuté que celle de  l’élève qu’il y est au moins une différence dans le trait.
 

En générale, vous étiez d’accord tous les deux sur l’album?
M : Eh bien on a eu assez peu d’empoignes…j’essaie de me souvenir d’une…non y’en a aucune qui me viens à l’esprit, donc ça veut dire que ça c’est bien passé ! (rire) Ca marchait bien, en fait on prenais scène par scène, moi j’avais mon petit livre de story-board et de recherches et je proposait mes scènes à Antoine, on a arrangé deux trois choses, des découpage pas très clair, là on peut mettre une ellipse plus rapide, tel dialogue est un peu lourd, … Bref c’est là que tu fais les réglages fins et après « feu »! Antoine ne m’a jamais fait recommencer une case…peut être qu’il aurait pu ! (rire) 
A : Non ! On a discuté des points qui coinçaient, nous n’étions pas en désaccord. On n’en est pas venu aux mains ! Non, je ne sais même pas s’il y a eu des points qui ont étaient longuement discutés,… Je ne crois pas.
M : Y’a eu un moment donné où il n’a pas été facile de trouvé une solution, mais non on s’est bien entendu ! Bon faut dire aussi que tu l’avais pas mal écrit le scénario…
A : Merci ! (rire) En plus vu qu’on a du le remodeler plusieurs fois, à la fin ça tenait bien la route ! Voilà y’a juste une transition où on a passé un peu de temps, mais on n’était pas en désaccord…on cherchait tous les deux.
 

Dans votre cas tout c’est bien passé, c’est génial. Mais cela doit être frustrant pour un dessinateur de ne pas pouvoir exprimer ce qu’il ressent dans le scénario.
M : Oui c’est vrai. Sur Notre mère la guerre  c’est plus fréquent  car le récit est plus difficile à conduire et ça arrive qu’une expression de personnage ne lui plaise pas vraiment, il ne pensait  pas du tout à ça. Il y a aussi la gestion de l’arrière plan, là des fois je dois recommencer. En générale je lui montre l’étape du trait pour justement éviter à avoir à refaire aussi la couleur.  Il faut qu’il déclare à l’étape du trait si oui ou non ca marche ou pas.
 

Antoine, tu fais de la calligraphie ?
A : Oui j’en ai fais un peu, un an à Grenoble. J’aurais bien continué. Pascal, lui, fait de la calligraphie depuis 50 ans et il anime des stages. Il est enseignant de calligraphie, arts martiaux, il fait des conférences. Enfin, c’est vrai j’adore la calligraphie, mais il faut trouver le temps.

Autour de la BDAntoine, As-tu des projets ?
A : Oui, j’ai un scénario que j’ai écrit avant celui… Ca commence à faire quelque temps. C’est du médiévale humoristique, c’était un scénario quasi bouclé et que j’ai commencé à démarcher avec un premier dessinateur. Mais il  à laissé tomber parce qu’il avait déjà beaucoup de projets et qu’il en écrivait. Donc du coup il est resté sur les étagères. Mon objectif de cet été est de le ressortir de le dépoussiérer et de repartir à la recherche d’un dessinateur pour ce projet là.
 

Martin, tu as un projet en ce moment ?
M : Oui, je travail avec  Kris, qui a fait  Un homme est mort  et  Les coupures irlandaises, je travail avec ce scénariste sur un projet qui s’appelle  Notre mère la guerre. On s’intéresse sur ce livre à des comportements criminels sur le front de la 1ere guerre mondiale. Ce sera en trois volumes, le 1er tome sort le 18 septembre. Je suis en train de le finir.

Publication : Momie.fr

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